Depuis plusieurs mois, les réseaux sociaux sont régulièrement inondés d’avis de disparition de nouveau-nés. Des photos, des messages de détresse, des appels à l’aide partagés massivement, entre autres, par des familles plongées dans l’angoisse. Dans la majorité des cas rapportés, ces disparitions se produisent au sein même des structures de santé censées pourtant être des lieux de protection et de sécurité. Un phénomène inquiétant qui relance le débat sur la sécurité dans les hôpitaux et centres de santé, notamment en ce qui concerne la surveillance des maternités.
Des vols d’enfants en milieu hospitalier
Selon plusieurs témoignages recueillis, les nourrissons disparaissent souvent quelques heures ou quelques jours après leur naissance. Les modes opératoires sont similaires : une personne se fait passer pour un agent de santé, une accompagnatrice ou une visiteuse, profite d’un moment d’inattention pour s’emparer du bébé.
Le dernier cas qui s’est déroulé, était l’enfant d’une femme qui avait subi une césarienne et s’est vu dérober son enfant par une femme qui s’était fait passer comme accompagnant une autre femme pour l’accouchement.
Des maternités peu sécurisées
Dans de nombreux centres de santé, l’absence de caméras de surveillance, le manque de personnel et le libre accès aux services de maternité facilitent ces actes criminels.
Un agent de santé, sous couvert d’anonymat, reconnaît les limites du système actuel : « Nous faisons de notre mieux, mais sans moyens techniques, c’est difficile. Il n’y a pas de caméras, pas de badges pour contrôler les entrées et parfois, une seule sage-femme pour plusieurs patientes. »
Les réseaux sociaux comme dernier recours
Face à la lenteur des enquêtes et au manque de résultats immédiats, les familles se tournent vers les réseaux sociaux pour alerter l’opinion publique. Si cette mobilisation citoyenne permet parfois de retrouver les enfants, elle ne remplace pas des mesures de prévention efficaces.
Pour Moussa Diallo, sociologue spécialisé dans les questions de sécurité : « Le fait que les familles se tournent massivement vers Facebook ou WhatsApp montre une perte de confiance dans les mécanismes classiques de protection. La prévention doit commencer à l’intérieur des hôpitaux. »
La vidéosurveillance, une solution attendue
De plus en plus, de voix s’élèvent pour demander l’installation de caméras de surveillance dans les maternités et couloirs des centres de santé, tout en respectant la vie privée des patientes.
Un responsable d’établissement hospitalier plaide pour une action rapide : « Il est temps que les autorités sanitaires prennent ce problème au sérieux. Les caméras ne sont pas un luxe, mais une nécessité pour dissuader les actes criminels et identifier les auteurs en cas d’incident. »
Au-delà des caméras, une approche globale
Les spécialistes soulignent toutefois que la vidéosurveillance ne suffira pas à elle seule. Elle doit être accompagnée de contrôles stricts des accès aux maternités, badges d’identification pour le personnel, sensibilisation des mères et des familles, renforcement des effectifs de santé et de sécurité.
Un appel aux autorités
La multiplication des cas de disparition d’enfants dans les centres de santé constitue un signal d’alarme. Protéger les nouveau-nés, c’est protéger l’avenir même de la société. Comme le résume une mère rencontrée à la sortie d’une maternité : « Donner la vie ne devrait jamais rimer avec la peur de perdre son enfant. »
Aminata Sanogo
