Au Mali, il y a des stations d’essence qu’il faut éviter, notamment celles dont les pompistes volent librement les clients. Il est difficile de les énumérer, mais l’accent est mis sur toutes celles dont on constate une rétention d’essence. Par exemple : lorsqu’on prend de l’essence pour 1000 FCFA et à la place, on se retrouve avec la quantité équivalente à 500 F CFA. Car, bien que les pompistes aient toujours des explications à l’appui, les clients ayant constaté une première puis une seconde fois, ne voudraient plus se ravitailler à la même station. Au mieux, si les faits s’avèrent palpables, autant se diriger vers les gérants des dites stations pour exiger des explications.
Selon un adage : « Une seule graine d’arachide pourrie peut nuire à toute une bouchée ». En d’autres termes, en matière de vente d’essence, il est préférable pour les responsables et gérants de contrôler les agents en charge de la vente. Toute chose qui pourra sans nul doute garantir la fiabilité du service. Cela, vu que le vol ou la rétention d’essence d’un seul agent peut nuire à tous. C’est du moins, l’avis de bon nombre de citoyens qui constatent une rétention d’essence de la part de ceux censés donner le bon exemple. Les explications ou scénarios varient d’une personne à une autre.
Bintou, la trentaine, est certaine : « On se retrouve souvent volé lorsqu’on n’est pas assez attentif. Il faut toujours jeter un coup d’œil au compteur, vu que certains agents, lorsqu’on leur demande 1000 FCFA d’essence et qu’on précède un autre client qui a pris 500 FCFA, ils complètent juste avec le reste des 500 FCFA. Du coup, au lieu de 1000 F CFA, c’est avec plutôt 500 FCFA d’essence qu’on part ».
Une autre cliente appelée Mah : « Le tour se joue lorsqu’ils servent l’essence. Dès fois, on l’impression que c’est le vent ou le gaz qu’on livre. Car, le compteur tourne dans le vide. Donc, l’essence achetée n’est jamais ce qu’on a réellement dans nos réservoirs ».
Allahi, un autre client : « Certains font semblant de ne pas comprendre la somme demandée. Ils mettent toujours une quantité inférieure à ce qu’on a demandé et si jamais, on leur fait confiance, on se retrouve en panne sèche en cours de route ».
Il faut comprendre que les explications ne manquent pas du côté des clients, mais qu’en est-il du côté des gérants des stations d’essence ?
La vigilance exigée
Dans une station-service qui se dit « sérieuse » de la capitale, on peut lire en bas des pompes des conseils suivant : « Assurez-vous que tous les pistolets sont accrochés » ; « Choisissez le type de limite (montant ou volume) pour votre prise de carburant » ; « Entrez la limite souhaitée au clavier » ; « Décrochez le pistolet du produit souhaité et vous servez-vous normalement », entre autres. Des instructions qu’explique un agent de ladite station pour parler de la fiabilité dans la vente du carburant. Toutefois, ce dernier admet la possibilité du vol dans un seul cas, à savoir le manque de vigilance des clients qu’à leur rôle d’observation. Dans certaines stations d’essence, dit-il : « Des agents peuvent mal raccrocher les pistolets de sorte à profiter des clients. Par exemple, lorsqu’on leur demande 2000 FCFA de carburant et qu’il y a 500 ou 1000 FCFA déjà marqués, ils peuvent continuer directement soit avec le pistolet en main ou mal raccrocher. Dans ce cas, c’est aux clients d’être vigilants. Sinon, en dehors de cela, je doute qu’il y ait possibilité de vol. Certes, certains parlent de gaz ou d’air qu’on envoie dans les réservoirs, mais, je n’en suis pas sûr », affirme notre interlocuteur.
De l’avis d’un transporteur évoluant dans le domaine d’hydrocarbure : « Le vol du carburant a souvent une source profonde dans la mesure où toutes les machines servant à mesurer peuvent être déréglées. Il faut obligatoirement les régler. Dans le cas des stations d’essence, il est rare de voir le litre d’essence servi en totalité. Les services compétents de l’Etat ont pour rôle de contrôler cette situation en question. Elle doit s’assurer que le litre atteint le niveau réel, ou à défaut, les promoteurs doivent veiller au réglage afin de livrer le bon compte. Dans tous les cas, les choses ne sont pas gérées comme il le faut. Aussi, le vol peut intervenir si les clients sont pressés et n’observent pas le tableau de la pompe », a-t-il expliqué.
A ces mots, il faut reconnaître qu’il est difficile de donner la preuve du vol du carburant car, opposant les clients aux agents, tant les faits se reposent sur la parole de l’un et les observations après l’acte par l’autre.
Toutefois, en cas de flagrant délit d’un agent, que prévoient les gérants en la matière, telle est la question qui taraude les esprits.
Alimatou Djénépo
