La salle de conférence du CICB a abrité, le lundi 14 avril dernier, la cérémonie de lancement du projet ‘’Zone agricole partagée’’. Organisé par l’union des ambassadeurs (UDA) et financé par l’union européenne, ce projet vise 200 jeunes. Il consiste à former, insérer et accompagner durablement des jeunes maliens et des migrants de retour dans le secteur agro-alimentaire, à travers un programme de formation professionnelle structurée par une approche du marché. Le projet ZAP permet également à l’investissement productif de la diaspora afin de contribuer financièrement et professionnellement au projet entrepreneurial des futurs apprenants.
Selon le président de l’union des ambassadeurs (UDA), M Dadié Soumaré : «400 000, c’est le nombre de jeunes qui, selon les recensements, arrive sur le marché de l’emploi chaque année, parmi lesquels, nombreux sont ceux qui empruntent la voie périlleuse de l’immigration clandestine. L’association « Fabbakan jikké » a réalisé un triste décompte dans lequel elle a recensé 1200 jeunes portés disparus sur les routes de l’immigration au cours des dernières années dans la zone de Kayes. Les jeunes 15 à 35 ans sont également particulièrement touchés par l’enrôlement dans les groupes armés. Aux dires de M. Soumaré, l’union des ambassadeurs dispose d’un plan d’action quinquennal, le “SèginSo 2028”, qui signifie retour à la maison, dont l’un des 4 projets phares est la zone agricole partagée (ZAP). Avec une approche holistique et orientée vers le marché, l’un des objectifs majeurs de la ZAP est de créer 1 millier d’emplois décents directs et indirects dans la chaîne de valeur agricole à l’horizon 2028. A cet effet, la zone agricole partagée est construite sur des bases de diversité, d’inclusivité, d’innovation, de dignité et d’interactions. C’est sur ses fondations que nous allons construire, a-t-il dit.
Quant à l’ambassadrice de la zone agricole partagée, Mme Oumou Sangaré, elle demandera aux jeunes de doubler d’effort, car une jeunesse doit être consciente et savoir travailler pour rehausser l’image de son pays.
A son tour, la directrice du projet zone agricole partagée et cofondatrice de l’union des ambassadeurs, Mme Yasmine Cissé : « La sécurité alimentaire est un droit fondamental et il est de notre responsabilité de travailler ensemble pour garantir que chaque Malien puisse accéder à une nourriture décente, saine et nutritive. Afin de pouvoir faire face aux défis qui sont les nôtres, nous devons développer des solutions et mécanismes endogènes à fort impact. La Vision de la Zone Agricole Partagée s’inscrit dans ce sens puisqu’elle vise à former nos jeunes et à renforcer la capacité de nos agriculteurs à faire face aux aléas climatiques et économiques. Selon une étude de la banque mondiale, investir dans des praticiens agricoles pourrait augmenter la productivité de 30 à 40 % au cours de la prochaine décennie. Des initiatives telles que l’amélioration des techniques de culture, l’accès à des semences améliorées et l’irrigation sont essentielles pour atteindre cet objectif. »
Quant à l’Ambassadeur de l’Union Européenne, M. Thomas Eckert, il a réitéré le soutien de son département à ce projet avant de remercier l’UDA pour cette initiative. Pour lui, cette formation sera un plus pour la jeunesse malienne et permettra de rehausser le niveau de l’agriculture dans notre pays. Il a appelé les jeunes à suivre avec assiduité la formation et l’utilisé à bon escient des financements qui leur seront accordés.
Le ministre de l’agriculture, M Daniel Siméon Kelema, a félicité ce projet et a souhaité bon vent au projet. Il a aussi promis l’accompagnement de son département pour le bon déroulement de la ‘’Zone Agricole Partagée’’.
Soulignons que grâce à l’appui de l’Union Européenne qui place le développement de la jeunesse au cœur de ses priorités au Mali, le projet permettra la formation de 200 jeunes sur les techniques agricoles innovantes : maraîchage, aviculture, pisciculture, élevage et gestion d’exploitation. Aussi, il permettra la mise à disposition d’infrastructures agricoles collectives, durables et modernes. Un accompagnement personnalisé par des experts du secteur privé de la chaîne agricole favorisera la réussite des projets portés par les bénéficiaires. L’inclusion de tous les maliens, avec 50% de femmes et 50% d’hommes, dont 10% de personnes handicapées à plus de 50% de leurs capacités. L’accès à la coopérative agricole de l’UDA avec des opportunités économiques par une approche par le marché, la création d’alliances productives du secteur privé.
Cette première cohorte, composée de jeunes motivés et porteurs de projets, sera logée pendant 2 ans dans un internat situé dans une zone agricole aménagée à Mofa (Baguineda). Elle bénéficiera d’une bourse et d’une certification à la fin de leur formation ainsi que d’un accès au financement facilité et des kits de lancement, selon leur projet d’insertion.
Aminata Sanogo
