La salle de conférence de l’agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER) a abrité, ce mercredi 1er avril 2026, l’assemblée générale de la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO). Cette rencontre était consacrée à la présentation du bilan triennal et au renouvellement du bureau de l’organisation. Les travaux se sont déroulés sous la supervision de M. Yacouba Dembélé du conseil national de la société civile et M. Aboubacar Sangaré du CN-CIEPA, représentant les personnes ressources.
Un bilan marqué par des avancées significatives
L’assemblée a débuté par la présentation du bilan des trois dernières années sous la présidence de Mme Kouyaté Goundo Sissoko, présidente sortante. Selon elle, cette période a été marquée à la fois par de nombreux défis et des résultats importants, illustrant l’engagement constant de la CAFO pour la promotion des droits des femmes et des filles, du leadership féminin ainsi que de la paix au Mali et dans l’espace sahélien. Au titre des réalisations, elle a évoqué la rénovation du siège de la CAFO grâce à l’appui de la MINUSMA, l’élaboration d’un plan stratégique à travers le projet VLF, l’acquisition d’un véhicule de fonction et la mise en œuvre d’un projet régional de renforcement des capacités des organisations féminines pour la paix au Sahel. Elle a également souligné la restauration de la cohésion interne de l’organisation.
Une forte implication dans les instances nationales
Sur le plan institutionnel, la CAFO a joué un rôle actif dans plusieurs cadres stratégiques nationaux. Elle a pris part à la commission de finalisation du projet de Constitution, au dialogue inter-maliens ainsi qu’au processus de mise en place de la plateforme des femmes de l’AES. L’organisation s’est également distinguée par sa participation aux travaux de différentes instances nationales, notamment l’APDF, le CESC et le conseil supérieur de l’agriculture, a-t-elle informé. Par ailleurs, la CAFO a contribué à l’actualisation de l’agenda des femmes du Mali et a participé aux États généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille, confirmant ainsi son rôle central dans les politiques publiques liées au genre, a-t-elle affirmé.
Des actions de terrain dans toutes les régions
Au niveau régional, l’organisation a multiplié les initiatives en faveur des communautés. Elle a notamment conduit des campagnes de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG), le mariage précoce et les mutilations génitales féminines, en impliquant activement les autorités locales et les partenaires. Des activités de renforcement des capacités ont également été menées, notamment dans les domaines du leadership féminin et de la gestion des activités génératrices de revenus.
La CAFO s’est également engagée dans le développement local en accompagnant l’élaboration de plans communaux tels que les PDCOM et les PDSEC, tout en supervisant des projets à caractère environnemental et social. Elle a aussi facilité des espaces de dialogue communautaire et de mobilisation citoyenne, notamment autour des questions liées à la crise du carburant et à la sécurité.
Dans le même élan, des panels ont été organisés dans les 19 régions du Mali ainsi que dans le district de Bamako, mobilisant les femmes autour des enjeux de paix, d’unité nationale et de cohésion sociale.
Des acquis importants et des défis à relever
Ces différentes actions ont permis de renforcer la cohésion sociale et le leadership féminin à travers le pays, tout en favorisant l’autonomisation économique et sociale des femmes et des filles contribuant également à accroître la visibilité et la participation des femmes dans les processus décisionnels, tout en consolidant la CAFO comme un acteur majeur du dialogue, de la paix et du développement inclusif au Mali et dans le Sahel.
Malgré ces avancées, des défis persistent, notamment en matière de mobilisation des ressources, d’amélioration de la couverture territoriale, en particulier dans les zones les plus reculées ainsi que le renforcement continu des capacités des organisations membres.
Un nouveau mandat placé sous le signe de la continuité
À l’issue des échanges, les statuts et règlements de l’organisation ont été révisés, avec une décision majeure portant sur l’allongement de la durée du mandat à cinq ans. Après la démission du bureau sortant et la mise en place d’une commission électorale, Mme Kouyaté Goundo Sissoko a été réélue à la tête de la CAFO pour un nouveau mandat de cinq ans. Elle dirigera une équipe de 35 membres, marquée par l’intégration de nouveaux adhérents et une meilleure représentation de différentes zones du pays, notamment le Nord, le Centre et le Sud.
Des priorités axées sur la paix et l’autonomisation
Dans son allocution, la présidente réélue a présenté les grandes orientations de son mandat. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des femmes afin de leur permettre d’occuper pleinement leur place dans la société et de devenir des actrices du changement. Elle a également mis en avant l’importance de la paix et de la réconciliation, soulignant le rôle central des femmes dans la consolidation de la cohésion sociale. Dans le domaine économique, elle a promis de soutenir les coopératives et les initiatives collectives tout en développant des partenariats visant à améliorer les conditions de réussite des femmes. Enfin, elle a rassuré que la gouvernance de la CAFO sera fondée sur la transparence, la rigueur et l’efficacité, avec une volonté affirmée d’obtenir des résultats concrets.
Un appel à la mobilisation des femmes à l’échelle nationale
Pour clore son intervention, Mme Kouyaté Goundo Sissoko a lancé un appel aux présidentes régionales afin qu’elles reproduisent cette dynamique dans leurs localités respectives. Elle les a invitées à mobiliser davantage les femmes, à valoriser les initiatives locales en faveur de la paix et du développement ainsi qu’à renforcer la présence de la CAFO sur l’ensemble du territoire national.
Elle a conclu en exprimant sa conviction qu’un réseau uni et engagé permettra de bâtir un avenir meilleur pour les femmes du Mali et pour l’ensemble du pays.
Aminata Sanogo
