Au Mali, le métier de blanchisseur peut se classer parmi les plus défavorisés et regroupe le plus de monde en quête d’une amélioration des conditions de vie et de travail. Avec une panoplie de difficultés allant à la cherté du charbon de bois, du lait pour résister, le paiement des taxes, impôts, beaucoup se retrouvent en instance de survie. Des raisons, entre autres, ayant motivé les membres de cette corporation à la création des associations qui se sont réunies pour mettre en place une coordination nationale en 2006 que dirige Moussa Salimana Cissé. Afin d’y voir clair, dans un entretien, cet homme s’exprime en faveur de la cohésion et l’entraide qui ont toujours prévalu dans son groupement tout en attirant l’attention des autorités sur les pratiquants de ce métier.
Dans le domaine du métier de blanchisserie, Moussa Salimana Cissé ou Moussa Cissé est une figure bien connue en sa qualité du président de la coordination des associations des blanchisseurs du district de Bamako qui compte plus de 4775 militants au niveau du district.
Du haut de ce poste qu’il occupe depuis la création de la coordination en 2006, il est imprégné de l’ensemble des difficultés et des doléances des membres de sa corporation. Au siège de la coordination sise à Ouolofobougou, il a confié : « Le métier de blanchisserie est un métier défavorisé mais, qui regroupe suffisamment de membres partageant les mêmes peines. C’est justement pour faire face à ces aléas que l’idée de la création de la coordination nationale des associations est venue pour fédérer l’ensemble des blanchisseurs du district de Bamako. Il s’agissait d’établir les liens entre les différentes communes du district et les régions pour aller dans le même sens, à savoir lutter contre la désertification du bois en limitant l’usage du charbon de bois, s’informer sur des alternatives et s’entraider dans la défense des intérêts communs ». Et de poursuivre : « La coordination étant le sommet, regroupés-en son sein, des membres délégués par des associations des quartiers plus ceux des régions actuellement. Chaque membre relaie les problèmes ou doléances de sa localité, voire des propositions de solutions. C’est ainsi qu’à travers des échanges que tout est décidé ». Et de bondir sur les difficultés récurrentes du métier.
La cherté du coût de la vie et ses aléas
A Bamako comme à l’intérieur du pays, la situation économique et sécuritaire rend difficile le coût de la vie à tous les niveaux. Des retombées que ressentent les blanchisseurs qui assistent à l’augmentation du prix du charbon de bois et du lait, atteste Moussa. De ses explications : « Le charbon de bois utilisé par les blanchisseurs s’appelle » Guélé » qui se pèse par kilo à la différence de celui utilisé dans les cuisines. Avant, si le kilo était à 100 F CFA, de nos jours, surtout en cette période, c’est à 150 voire 200 FCFA le kilo, soit 15 000 voire 20 000 FCFA le sac de 50 kilo. Toute chose que ne peuvent se permettre la plupart des blanchisseurs », a-t-il estimé.
Quant à la cherté du lait, servant de moyens de résistance aux effets du gaz dégagé par le charbon, Moussa Cissé dira qu’il a aussi pris de l’ascenseur de 300 FCFA le litre, de nos jours, c’est 500 voire 600 FCFA. Or, il faut combien de litres pour échapper à la mort, surtout sachant qu’il y a eu des blanchisseurs qui ont succombé par l’effet du gaz de charbon. Et pour ne rien arranger, il faut comprendre que la plupart des blanchisseurs louent, paient, des taxes et impôts à la mairie », a t-il déclaré. Pour lui, l’un des bienfaits de la coordination a été de réunir ce beau monde afin d’élaborer des correspondances aux autorités à travers des ministères pour trouver des solutions outre que l’augmentation des frais de repassage des habits. Un passage qui amène notre interlocuteur à apprécier les efforts du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle dans la formation des membres pour l’usage du gaz qui n’est pas sans conséquences, non plus et la remise des kits de protection. Parlant des détails de l’augmentation des frais de repassage comme alternative, Moussa parle de tout un processus.
De l’augmentation des prix de repassage comme alternative.
De la création de la coordination à nos jours, en dépit des difficultés, le président soulignera qu’il n’y a eu qu’une seule fois où les différents membres ont jugé nécessaire de hausser les prix. C’était en 2008, se rappelle-t-il. De 100 FCFA, demi boubou ou le complet pantalon-chemise, on est venu à 150 F, ainsi de suite. Une augmentation ayant suscité des réactions négatives au sein de la population qui a fini par comprendre la nécessité. Encore de nos jours, toujours est-il que la cherté du coût de la vie (charbon, lait et divers) s’accentue, des voix s’élèvent pour aller vers l’augmentation des prix de repassage. D’où des consultations en cours recommandant aux membres d’aller sensibiliser leur base, comme cela a été le cas précédemment, dit-il. Et de terminer par souhaiter que les autorités aient un œil sur cette corporation qui essaye de subsister tout en tenant compte de la situation actuelle du pays où chacun doit jouer sa partition. Néanmoins, Moussa reste dans les démarches dans la quête des solutions telles la formation, l’obtention des kits de protection, voire un simple regard aux cours des activités de solidarité, entre autres.
Alimatou Djénépo
