Depuis quelques années nous constatons une crise économique mondiale qui affecte l’ensemble des secteurs d’activités. Notre pays, le Mali ne fait pas l’exception. Il est d’ailleurs plus touché depuis 2012 à cause de la crise sécuritaire associée à la crise politique et institutionnelle de 2020.
En plus de ces différentes crises, la crise énergétique est venue aggraver une situation déjà très difficile. Aujourd’hui, la majorité des maliens souffre des conséquences de ces multiples crises.
Selon un adage : « à chaque jour suffit sa peine » car la majeure partie des responsables d’entreprises (qu’elle soit petite, moyenne ou grande) et chefs de familles peinent à couvrir les dépenses liées à leurs activités.
O.F, menuisier de son état est un chef de famille qui raconte son calvaire : « je suis endetté jusqu’au cou. Je suis à plus d’une année de loyer de mon lieu de travail et de mon logement. Les marchés se font rares, les gens se cherchent. Confectionner un meuble n’est pas leur priorité. On a juste des travaux de réparation qui n’est pas tous les jours. Et pour cela, il faut attendre l’électricité, si ça arrive à une heure tardive, les voisins se plaignent de la nuisance sonore. Des fois, de la mosquée, je continue sur mon lieu de travail pour éviter madame parce que je dois aller chercher le prix du condiment. J’achetais le sac de riz par mois, maintenant, on s’en procure en détail ».
A.S, ménagère s’exprime : « à cause de la situation du pays, tout est devenu cher. Les prix ont grimpé et ça devient compliqué en période d’hivernage. On se demande chaque jour qu’est-ce qu’il faut préparer parce que l’argent qu’on dispose ne suffit pas. Mais que faire ? Et le chef est très clair, pas moyen d’augmenter. Chaque jour, il ne manque pas de rappeler le sacrifice qu’il fait pour pouvoir donner le peu à sa famille ».
N.C, chef d’une petite entreprise installée en commune 6 du district de Bamako, affirme ne pas payer sa déclaration mensuelle du mois passé aux impôts. « Je n’ai plus de partenaire, pas de contrat, donc pas d’économie pour couvrir les dépenses. Je suis à 6 mois de loyers impayés, le 4ème trimestre de mes cotisations de l’année 2024 n’est pas encore payé et nous sommes au 2ème trimestre 2025. Le salaire du personnel, on n’en parle pas ».
Selon un agent des impôts d’un Centre du district, « plusieurs petites entreprises ont déclaré la cessation d’activités parce qu’elles n’ont pas les moyens nécessaires pour payer les déclarations mensuelles. Cette situation joue sur les recettes des impôts, du coup sur la trésorerie de l’Etat ».
Les agriculteurs sont dans une situation peu reluisante à cause des crises économique et sécuritaire. Ils ne parviennent pas à vivre dignement de leurs productions parce que les prix des semences et des engrais ne sont pas abordables. N’ayant pas assez de ressources, ils sont obligés de produire peu. Et ceux qui sont dans des zones d’insécurité sont souvent contraints d’abandonner pour ne pas avoir de problème avec les groupes armés. Pire, ils sont spoliés de leurs stocks.
Dado Camara
