Des dames de fer ou d’or, aime-ton à dire pour magnifier le rôle joué par certaines femmes pour le maintien de leur foyer. Il s’agit de la prise en charge des frais de scolarité des enfants, le prix de condiments et divers. Cela, en complément de leur conjoint, le plus souvent en toute discrétion. A travers un tour d’horizon, des femmes épanouies avouent et des maris conseillent.
Au marché de Magnambougou en commune VI du district de Bamako, une dame, la trentaine, est très connue dans le commerce de poisson. Une activité qu’elle exerce depuis plusieurs années grâce à l’autorisation de son mari, dit-elle. Et de poursuivre : « Mon mari est un homme très compréhensif et conscient du rôle que je joue dans notre foyer. Car, lui étant tailleur gagne parfois peu, mon rôle est de lui venir en aide. J’ai toujours payé la scolarité des enfants au nombre de 5 grâce à mes revenus et lui, à son tour, s’occupe d’autres charges telles que les prix du condiment, le loyer, l’électricité et divers. Des fois, s’il est en manque, je peux lui prêter main forte aussi », a-t-elle avoué.
Plus loin, Oumou, une autre dame, employée dans une ONG de la capitale, vante son apport dans l’amélioration de sa vie de couple. « Grâce à mon travail, j’assume tout dans mon foyer, de la nourriture, des condiments, en passant par les besoins des enfants et de mon mari. Mon mari est dans l’incapacité de travailler aujourd’hui suite à un choc qui l’a mis dans cet état. Parce que je gagne, je parviens à tout assumer. Je me sens respectée en ayant pas recours aux gens pour nous venir en aide ».
Quant à cette autre dame, Catérine, la quarantaine d’années, est entrepreneure dans la transformation agro- alimentaire. Une entreprise fondée par les soins de son mari et qui emploie de nos jours, plusieurs personnes. Avec son chiffre d’affaires, elle s’estime épanouie financièrement au point de prétendre jouer sa partition dans les dépenses de santé familiale. Mieux, elle est certaine d’être un levier sûr pour assumer tous les besoins de ses enfants.
A ces aveux, il faut comprendre que toutes les femmes interrogées sur ce sujet admettent le soutien inconditionnel de leurs conjoints. Des messieurs qui ont aussi leur mot à dire, a affirmé un interlocuteur.
Mamadou, cadre dans un service public dira : « Une femme qui travaille ou entreprend des activités génératrices de revenus est à encourager. Il faut se dire que même si elle ne va pas forcément contribuer pour la prise des charges majeures, elle pourra assumer certains besoins des enfants et du mari. Faute de quoi, s’il faut que tout repose sur le dos de l’homme, cela peut amener des conflits sans tête ni queue ». Et de conseiller aux hommes de laisser leurs épouses exercer un métier, une activité tout en veillant sur l’équilibre de leur foyer.
Pour Abdoulaye Sow : « L’appui d’une femme dans le maintien du foyer est incontestable surtout quant elle travaille pour subvenir à certaines charges de la famille. Certains hommes aiment des femmes travailleuses. Elles sont même plus responsables à mon sens. Elles connaissent leurs limites et se rebellent moins », a-t-il expliqué. Et de révéler certaines craintes liées au travail des femmes, notamment la possibilité pour certaines d’être arrogantes, négligentes vis-à-vis de leurs devoirs conjugaux aux (cuisine, soins du conjoint, entre autres). Mais, qu’à cela ne tienne, il conclut en conseillant de les mettre à profit. Toute chose ne pourra qu’être bénéfique lorsqu’on met du sien.
Alimatou Djénépo
