Le samedi 9 Août 2025, la salle de conférence du Mémorial Modibo Kéïta de Bamako a abrité une conférence débat organisée par le réseau Musonet à travers sa coalition Genre et climat au Mali/COCLIMA, en collaboration avec les ONG JOIN FOR WATER, CSPEEDA. Ladite conférence rentre dans le cadre de la commémoration de la journée panafricaine des femmes et avait pour thème : « Synergie entre l’égalité des sexes et l’action climatique pour une transformation sociale durable ».
Après le message de bienvenue et de félicitation du représentant du maire de la commune III, la coordinatrice Pays de l’ONG Join For Water Mali, Mme Fomba Bintou Traoré a remercié les initiateurs et les participants avant d’ajouter : « Join For Water est une ONG internationale Belge qui intervient beaucoup dans le secteur de l’eau et l’environnement et également met l’accent sur l’implication, la participation des femmes ainsi que les questions de défenses des droits des femmes au Mali et à travers le monde ». Elle rappellera que la date du 31 juillet est un appel vibrant à la reconnaissance à l’unité et à l’action. « C’est l’occasion de rendre hommage à ceux et celles qui ont œuvré sans relâche pour notre communauté dans notre pays, mais aussi pour un monde meilleur. Et aujourd’hui, c’est un jour pour nous de reconnaître et encourager la résilience et les capacités de nos mamans qui n’ont ménagé aucun effort pour avancer ensemble face à l’adversité…», a-t-elle indiqué.
La présidente de Musonet, Mama Koïta affirmera : « Nous avons décidé d’organiser cette journée pour célébrer la journée panafricaine 2025. Le 31 juillet est un jour mémorable et un jour de positionnement des femmes, c’est pourquoi nous avons mis en avant ces grandes femmes silencieuses qui se battent avec la terre pour le développement et l’autonomisation de la femme pour voir comment on peut aider à amplifier leurs voix par rapport à la situation dans laquelle elles vivent. Le choix du thème a été bien nourri par le réseau Musonet et aussi sa coalition genre et climat au Mali (COCLIMA) qui est composée de beaucoup d’organisations travaillant sur la promotion du genre dans les questions de politique et programme climatique. « Nous avons participé à beaucoup de réunions. Nous faisons des activités de renforcement de capacité et de plaidoyer pour les femmes et nous avons ciblé les Nyéléni parce que c’est des femmes leaders dans leurs communautés. Elles se battent pour l’épanouissement et la réussite de leurs paires. Elles sont aussi celles qui se battent pour voir comment on peut prendre en charge les impacts du changement climatique sur leur statut. Ces braves femmes dans les champs sont toujours entre les dabas et les arrosoirs, comment faire pour qu’il y ait des progrès amplifiés, c’est pourquoi nous avons organisé cette rencontre avec les partenaires pour voir comment dans la situation actuelle on pourra défendre et améliorer la situation des femmes rurales » a-t-elle souligné.
Selon elle, de nos jours, le gouvernement a signé beaucoup d’engagements et des instruments juridiques par rapport à l’égalité des sexes et pour des opportunités financières et économiques. Maintenant, il faut voir comment on peut mettre la situation des femmes en avant. Il faut savoir qu’il y a des impacts différents du changement climatique sur les femmes. Donc, à en croire madame Mama Koïté, il faut faire de telle sorte qu’une fois que l’on prend des décisions concernant les communautés, le développement des localités du pays, il faut que ces femmes soient mises en avant et leurs besoins intégrés dans ces préoccupations. « Les femmes ont besoin de moyens de production. Comment peut-on peut aujourd’hui développer ce pays avec la contribution ? C’est ce qui nous a amené aujourd’hui à accompagner, à les mettre en réseautage pour qu’elles puissent plaider pour leurs droits auprès des autorités et des partenaires techniques et financiers » a-t-elle précisé.
Les représentantes de la FAO et du PNUD qui sont tous des partenaires de Musonet ont tenu à remercier et encourager Musonet et les autres partenaires pour leur soutien aux femmes rurales « Les Nyélénis ».
Dans son intervention, Mme Traoré Fatoumata Coulibaly représentante du ministre de l’agriculture a rappelé : « le département a pour mission de mettre en place des politiques et programmes, en un mot, tout ce qui peut aider à l’évolution de l’agriculture et principalement du côté des femmes. Il faut savoir que dans nos zones rurales, l’activité principale est l’agriculture et en grande partie, c’est fait par des femmes. De nos jours, le changement climatique a entrainé des difficultés dans le travail de tous les jours de ces braves dames. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a initié beaucoup de projets et de formations comme le SHEP (Self-Help Promotion Programme for Farmers), initiés par la JICA japonaise et mise en œuvre au Mali pour améliorer la commercialisation des produits agricoles, notamment les produits horticoles. Cette initiative vise à rendre les producteurs plus autonomes en les formant à des changements de comportement, y compris la discussion du prix de vente avant même la production… »
Soulignons que jusqu’à présent, les défis environnementaux au Mali ont été abordés principalement d’un point de vue masculin et occidental. Le projet « Niéléni (Femmes Battantes) pour la justice Climatique » mis en œuvre par Join For Water et ses partenaires et financé par la coopération Belge au développement, rompt avec ces conventions en mettant l’accent sur l’analyse et les solutions féminines et indigènes aux problèmes de l’environnement et de l’eau. Ce projet a pour objet de concevoir des stratégies d’adaptations et d’atténuations aux changements axés sur les besoins pratiques et les intérêts stratégiques des femmes. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, les capacités de 16 femmes leaders (Nyéléni) des communes d’intervention (Mandé, Mountougoula et Baguinéda) ont été renforcées sur le leadership féminin, le genre, droits des femmes, le plaidoyer et la mobilisation communautaire. Grâce à ce renforcement de capacités, ces femmes sont devenues des ambassadrices qui font entendre leur voix pour défendre leurs droits en matière de gestion des ressources en eau. Dans la mise en œuvre, il est prévu que ces femmes leaders intègrent des réseaux de défenses des droits des femmes au niveau national et international pour faire plus entendre leur voix.
Aminata Sanogo
