Au Mali, la détermination de certaines dames fait qu’il est rare de voir des domaines de métiers auxquels elles ne s’essayent pas. Toutefois, il en demeure qu’il est difficile de les voir exceller, à l’image du lavage des engins à deux roues, véhicules poids lourd ou léger, même si elles peuvent en être promotrices. C’est du moins, ce que révèle un constat à travers un tour auprès des promoteurs des sites de lavage de véhicules.
A Sogoniko, sur le site emblématique des lavages autos-motos 1, 2 et 3, Kerfa Djiré, un des doyens et promoteur confie: « Ce métier est pratiqué pour la plupart par des personnes illettrées. Hormis cela, il n’est pas fait pour les filles et dames. Car, la plupart ont honte d’exercer ou peuvent se plaindre de lésions causées par l’eau. Aussi, en tant que patron, vu leur rareté à se lancer, il nous est difficile de leur mettre la pression. On les encourage, mais, elles ne tiennent pas ». Et de poursuivre sur les autres aléas du métier qui fait que de nos jours, ils sont nombreux promoteurs de lavage à abandonner la pratique ou à se lancer dans diverses activités afin de joindre les deux bouts. Pour Kerfa, si ce métier faisait jadis plaisir, actuellement, chacun tient à sa gloire du passé, faute de rentabilité. « J’exerce ce métier depuis plus d’une trentaine d’années. Au début, je gagnais et j’employais suffisamment de personnes. Je servais de guide conseil pour tous ceux qui voulaient se lancer. Seulement, à la longue, on se rend compte que le travail avec l’eau du robinet ne fait pas long feu. Avec le paiement des factures d’eau, d’électricité, les employés et autres dépenses, on ne s’en sort pas. Cette situation est partagée par de nombreux promoteurs qui se retournent finalement vers des puits creusés à la main, qui ne font pas l’affaire non plus. Il faut alors des forages dont tout le monde n’a pas les moyens aussi de s’en procurer et même ceux qui en disposent, se retrouvent dans les soucis de coupure d’électricité. En outre, autre difficulté dans ce métier réside dans la fixation des prix. Car, moi qui suis dans les normes et qui emploie, je peux laver un engin à 1000 FCFA tandis qu’une autre personne peut le faire à 500 FCFA. Vu cette différence, des clients affluent vers le moins chers. Une situation que notre interlocuteur attribue à la non réglementation du domaine par une association proprement dite ou une autorité syndicale qui pourra veiller à l’uniformisation des prix et plaider pour la résolution de certaines difficultés dans la pratique du métier. Sinon, il y a constamment des promoteurs qui viennent en moi pour céder leurs lavages ou me proposent en location. Ce qui fait que lorsque des gens viennent en moi pour ouvrir des lavages, je ne trouve plus plaisir de les motiver, se désole-t-il.
Plus loin, dans un autre site de lavage à Lafiabougou, Bouba, promoteur s’étonne de voir des filles ou dames dans ce domaine, tout en laissant une ouverture pour la possibilité si jamais, elles le désirent. Car, dit-il : « Quand une dame est déterminée, rien ne peut lui résister ».
Sur un autre site, Daouda, promoteur, énumère quelques dames promotrices de lavage sur la rive gauche. Selon lui, bien qu’elles en possèdent, ce ne sont pas elles mêmes qui ont les mains ou les pieds dans l’eau. Elles ont pour rôle de superviser. Elles emploient des hommes qui font le travail. Mais, pour ce dernier, c’est déjà grande chose, vu qu’une femme qui entreprend est toujours à encourager, dit-il pour terminer.
A ce sujet, le moins que l’on puisse faire est de toujours motiver les dames à aller vers des activités lucratives. Pour cela, il est de leur devoir de mesurer tous les contours de ce qu’elles souhaitent entreprendre. Autrement dit, s’informer, se former et s’armer de courage et de patience pour mieux réussir.
Alimatou Djénépo
