Au cœur du marché de Médine, connu localement sous le nom de « Sukuni Coura », les tricycles motorisés, communément appelés « katakatani » se sont imposés comme des acteurs incontournables du paysage économique et urbain. Offrant des solutions de transport rapides, flexibles et abordables pour les marchandises comme pour les passagers, ces engins sont devenus essentiels pour de nombreux commerçants et clients. Mais leur omniprésence soulève aussi de nombreuses préoccupations.
Des rois sans couronne, mais bien visibles…
Sur l’axe allant du stade Omnisport Modibo Keita à l’école publique de Médine, les « katakatani » règnent en maîtres. Leur objectif est clair : être les plus rapides pour attirer un maximum de clients. Cette quête de rentabilité les pousse souvent à adopter des comportements dangereux sur la route. Ils slaloment entre les piétons, défient les règles de circulation et parfois même percutent d’autres usagers sans égard pour la sécurité. Devenus les « rois du site », leur surnom reflète autant leur domination sur l’espace public que les craintes qu’ils suscitent chez les riverains et les usagers de la route.
Une concurrence féroce et des pratiques risquées
La montée en puissance des « katakatani » a bouleversé l’équilibre du transport local. Les conducteurs de pousse-pousse ou de vélos traditionnels sont peu à peu poussés à abandonner leurs activités, faute de pouvoir rivaliser. Certains se lancent eux-mêmes dans le métier de conducteur de tricycle, souvent sans formation, ni expérience, exposant ainsi les usagers de la route à des risques accrus.
Sur cet axe très fréquenté de Médine, il est devenu courant de voir ces engins surchargés, mal entretenus et circulant à vive allure, ignorant les feux de signalisation ou les priorités.
Entre utilité économique et enjeu de sécurité
S’il est indéniable que les « katakatani » jouent un rôle crucial dans la dynamique commerciale du marché, leur contribution aux embouteillages, leur non-respect du code de la route et les accidents fréquents auxquels ils sont liés posent de sérieuses questions en matière d’urbanisme et de sécurité publique.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une meilleure réglementation du secteur, avec des mesures allant de la formation obligatoire des conducteurs à la régulation du nombre de tricycles en circulation, en passant par des contrôles techniques réguliers.
En effet, les « katakatani » sont à la fois une solution économique vitale pour de nombreux Maliens et une source croissante d’insécurité dans les zones urbaines congestionnées comme le quartier Médine. Entre efficacité économique et nécessité de régulation, un équilibre reste à trouver pour que ces « rois du site » ne deviennent pas les tyrans de la route.
Adja
