La pénurie de carburant au Mali a touché la quasi-totalité des régions, même la capitale n’a pas été épargnée. Cependant, le cas de la ville de Koutiala mérite mûre réflexion pour y remédier. A Koutiala, la pénurie de carburant a pris une autre tournure. Elle a été l’occasion pour bon nombre de citoyens de se lancer dans un nouveau business. Celui de la vente de carburant sur le marché noir. C’est-à-dire qu’ils se procurent du carburant à travers des réseaux clandestins pour le revendre à 2000, 3000 Frs ou plus. C’est ainsi que depuis le début de la pénurie, la circulation routière de la capitale de l’or blanc ne faiblit pas. Les motos comme les voitures roulent comme d’habitude. Pourtant, les citernes n’ont déchargé qu’une seule fois le carburant. Beaucoup d’habitants avaient pris soin de remplir des bidons pour les stocker à la maison.
En effet, c’est cette même idée qui revient sur les lèvres. Car, la plupart des habitants pensent que la meilleure formule c’est de remplir beaucoup de bidons et de les garder à la maison. C’est dire que même si une dizaine ou une vingtaine de camions citernes déchargent de l’essence et du gasoil à Koutiala, ça pourrait peut-être réduire la pénurie. Mais tant que les gens remplissent les bidons et fûts pour stocker à la maison, le bout du tunnel est encore loin. Pire, le marché noir est bien fourni. Même certaines vendeuses de condiments au marché sont devenues vendeuses d’essence en plein jour. Des garçons qui ne faisaient rien se comptent parmi les businessmen de la ville.
Pourtant, certains individus ont été arrêtés et jetés en prison pour spéculation illicite à cause de la vente de l’essence à des prix exorbitants. Malgré tout, beaucoup reste à faire car les spéculateurs sont encore très nombreux. Certains d’entre eux ne vendent jamais aux clients qu’ils ne connaissent pas. Selon certaines indiscrétions, il y aurait même des porteurs d’uniforme qui vendent aussi de l’essence sur le marché noir. Ce qui fâche plus d’un.
Ainsi donc, ce qui est écœurant dans cette histoire, c’est que la plupart des habitants observent cette situation sans rien faire. Les jeunes leaders avaient commencé à murmurer, ils se sont ensuite rétractés, on ne sait pas pourquoi. Est-ce parce que certains d’entre eux font aussi du business ?
Correspondance particulière
