Au Mali, la pénurie de carburant fait actuellement le bonheur de certains revendeurs. Il s’agit notamment des anciens vendeurs d’essence en bouteilles et des nouveaux businessmen de circonstance issus des jeunes de différents quartiers de Bamako. Ainsi, au lieu de la vente en bouteille d’un litre ou demi-litre, c’est plutôt la vente en bidons d’1,5 litre cédés à 3500 voire 6000 FCFA, selon les quartiers ou sites de vente. C’est du moins, le constat autour de ce marché noir que les forces de l’ordre doivent traquer.
Du carburant escorté, attendu et applaudi par des usagers est enfin là dans un quartier populaire de Bamako. Les clients tous azimuts affluent et les rangs se forment. Au même moment, la voix de Maman, une mère au foyer, laisse ses mots : « Si seulement Madou pouvait faire comme ses camarades en allant passer la nuit au rang, il allait se faire la poche en revendant son carburant. Mais hélas, il ne le fera pas », dit-elle avant de poursuivre son chemin. A voir clair, dans ce quartier, des jeunes ont trouvé du boulot comme ça, la vente du carburant dans des bidons de 1,5 litre. Pas étonnant pour Boura, un ouvrier qui, pour des besoins d’urgence, n’hésite pas à y faire recours tout en dénonçant l’attitude de ceux qui font sécher les pompes au détriment des plus nécessiteux à son image.
A ces mots, difficile de mettre la main sur ces vendeurs clandestins qui opèrent au plus près de nous, dans nos maisons, rues et ruelles. Des personnes dont la pratique peut être dénoncée aux forces de l’ordre ou en refusant l’achat desdits carburants dont la longue conservation leurs feront perdre le goût. Cependant, si tel est le comportement des jeunes de certains quartiers, qu’est-il du cas des revendeurs en bouteilles ?
Le litre aux enchères et en bidons de 1, 5 litre
A Bamako, presque tous les points de vente de carburant dans les rues sont désertés par les revendeurs. Et pour cause, la plupart d’entre eux ou leurs envoyés rôdent autour des stations d’essence en service dans l’espoir d’effectuer plusieurs tours dans les rangs. Le liquide précieux ainsi récolté est ensuite vendu aux plus solvables. Pas de bouteille, ni de bidon en vue. Mais, avec un peu d’insistance, des bidons font leur apparition, comme chez A M voulant garder l’anonymat.
A ce sujet, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est difficile de mettre fin à une crise dont certains voudraient profiter au détriment de tous.
Alimatou Djénépo
