Dans la capitale malienne, la question de carburant alimente tous les débats. Et pour cause, des stations d’essence sont à l’arrêt ou en service, mais saturées. Tel est le constat dans nombre de quartiers de la capitale malienne, du lundi 6 au mardi 7 octobre. A quoi est-il ? Que doivent faire les citoyens ? Que va-t-il se passer dans les jours à venir si cette situation perdure ? Voilà entre autres questions que se pose la population.
A travers un tour d’horizon, certains rappellent la nécessité de sécuriser les points de vente (stations d’essence, points de vente en bouteille) où l’affluence est grande en attendant que la situation redevienne normale. Autrement dit, l’assistance par des agents de sécurité des pompistes et autres revendeurs.
Des stations d’essence bourrées de monde de part et d’autre de la capitale. Des usagers à bout de souffle, constate t-on. Que se passe-t-il, a-t-on voulu comprendre.
Muni d’un bidon de 20 litres, dans le rang, Madou, un usager fait la queue dans une situation d’essence sur la route de Sabalibougou Kourani aux environs de 18 heures 30. A lui demander, il dit avoir quitté les alentours de la Tour de l’Afrique à Faladié pour s’approvisionner en carburant. Dans ladite station, la file d’attente est kilométrique et chacun veut à tout prix être servi. À pareille heure, l’un des pompistes craint le pire pour le lendemain. Il faut comprendre que la même station d’essence a continué à drainer du monde jusqu’au lendemain.
Le calvaire des usagers
Des échos de manque ou de rareté de carburant semblent gagner du terrain. Tant les non- ravitaillés de la veille et ceux du jour se retrouvent dans des rares stations ou des points de vente. D’où des disputes, des bagarres, voire l’empêchement des pompistes de servir convenablement. C’est presque à bout de souffle que certains parviennent à s’approvisionner. Dans des stations d’essence, certains gérants complètent l’effectif de leurs pompistes pour mieux servir ou pour maintenir l’ordre. Cela, en mettant les usagers venus avec des bidons et ceux sur leurs engins dans des rangs différents. Mais, rien à faire ! C’est le cafouillage. D’où, la nécessité pour certains de voir l’intervention des forces de sécurité pour mieux sécuriser les vendeurs et mettre de l’ordre dans la vente des carburants disponibles.
Nécessaire sécurisation des points de vente : stations et points de vente
Dans des quartiers, certains parlent d’une seule ou deux stations ayant du carburant. Une situation qui provoque la panique, disent-ils. Que le besoin soit urgent ou pas, on veut coûte que coûte s’approvisionner, vu la situation qui peut perdurer. D’où l’urgence ou la nécessité de faire le rang. Toutefois, dans nombre de stations ouvertes, nombreux sont des gérants qui attestent disposer suffisamment de carburant et comptent sur des approvisionnements en cours, seulement pour eux. La population semble inquiète, voyant certaines stations à l’arrêt.
Des engins délaissés ou poussés
Tout au long des routes, ils sont nombreux des usagers à pousser ou abandonner leurs engins. Oumar estime chanceux les habitants des quartiers où l’essence coule à flot au point de maintenir le rang. Car, dans le leur, il a abandonné sa moto pour marcher. Quant à Ladji, il pousse lamentablement son engin. Il dit avoir fait la queue dans une station d’essence sans pouvoir se ravitailler, c’est sous l’effet de l’énervement qu’il avance dans le néant en espérant tomber sur un vendeur ambulant.
Des prix d’essence à la hausse auprès de certains revendeurs ambulants
Dans certains quartiers, il faut comprendre que la rareté de l’essence fait le bonheur de certains revendeurs ambulants. Car, de 700 FCFA le litre, ils en vendent à 1000 FCFA arguant avoir supporté le rang pour se ravitailler. Or, dans les stations, les prix n’ont pas varié.
Des alternatives précaires visibles dans la circulation
De l’entraide à travers des coups de pieds pour avancer. Telle est la pratique des jeunes pour soutenir ceux qui sont en panne sèche avec engins à deux roues. Ainsi, à l’intervalle des points de vente, d’aucuns s’appuient mutuellement. Telle une solution éphémère à un problème qui demeure réel aux yeux de Modi qui pousse Gafou.
A ce sujet, il faut souligner qu’au cours de la journée du mardi, des stations d’essence commençaient à se ravitailler en annonçant la venue des carburants via des citernes escortées par les FAMA. Toute chose qui pourra sans nul doute apaiser le calvaire de la population. Aussi, en attendant, n’est-il pas du devoir de ceux qui sont en train de se ravitailler en nombre indéterminé de bidons de 20 litres pour un éventuel stockage, de jouer leur partition pour l’avancée du pays.
Alimatou Djénépo
