Entre flambée des prix, manque de produits et insuffisance de revenus, les ménages maliens affrontent une crise sans précédent. Le Mali vit l’un des épisodes les plus difficiles de ces dernières années. Depuis plusieurs semaines, la pénurie de carburant paralyse les transports et affecte l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Des marchés aux boutiques de quartiers, rien ne semble épargné. Les prix flambent, les produits disparaissent et le panier de la ménagère s’amenuise jour après jour.
Des prix qui grimpent en flèche
Dans les marchés de Bamako, la hausse des prix frappe de plein fouet les ménages. Mme Berthé Zénab Diallo, croisée au marché de Kalaban, exprime sa détresse : « Cette semaine, j’ai acheté le kilo de poisson fumé à 4 500 francs. À ce rythme, on se demande où nous allons. Les maris ne peuvent plus aller travailler faute de carburant. Donc, il n’y a plus d’argent à la maison. Si en plus les prix continuent d’augmenter, il faut vraiment que les autorités réagissent. »
Mme Coulibaly Aïchata vendeur au Marché de Niamana : « il y a un problème de transport lié au carburant qui rend difficile l’approvisionnement des marchés du coup, on observe une augmentation du prix des légumes »
Entre responsabilité collective et crise de solidarité
Pour certains, la situation révèle aussi un manque de solidarité entre Maliens. Zoumana Mariko, maçon, pointe du doigt les comportements opportunistes : « Le problème, c’est qu’on met toujours tout sur le dos des autorités. Pourtant, certains de nos compatriotes profitent de la crise pour cacher les produits et les revendre plus cher. Les autorités ne peuvent pas tout contrôler. Il faut que chacun redevienne humain et qu’on réapprenne à aimer notre prochain. »
Des produits introuvables sur les étals
Dans plusieurs marchés de la capitale, certains produits de base sont devenus rares, voire introuvables.
Chata Diakité, ménagère, décrit son quotidien : « Mon problème, ce n’est même pas que les choses soient chères, c’est qu’on ne les trouve plus. Quand ça manque, forcément ça devient cher. Regarde aujourd’hui : au nouveau marché de Niamakoro, il n’y a presque plus de poisson fumé, les poissons frais se font rares. Pas d’arachide, donc la pâte d’arachide aussi manque. Il faut qu’on prie pour que la situation sécuritaire s’améliore, sinon se rejeter la faute ne nous mènera nulle part. »
Des femmes résilientes, mais épuisées !
Dans les foyers, la situation devient intenable. Entre la rareté des produits et la baisse des revenus, de nombreuses femmes tirent la sonnette d’alarme.
Fanta Dia, ménagère, confie : « Les mots me manquent pour décrire ce que nous vivons. L’argent de la popote ne suffisait déjà pas, mais maintenant, il n’y en a plus. Même les petits commerces que nous faisions pour aider les chefs de famille sont à l’arrêt, faute de transport ou à cause de l’insécurité. Nous n’avons plus qu’à espérer que la situation s’améliore. »
Une crise aux multiples visages
La pénurie de carburant n’affecte pas seulement les véhicules, elle étouffe toute l’économie domestique. Entre manque de ravitaillement, inflation galopante et revenus en berne, les Maliens affrontent une période de grande incertitude. Dans les marchés comme dans les foyers, un mot revient sur toutes les lèvres : espérer.
Aminata Sanogo
