Au Mali, la conduite de moto-taxi a connu une ascension fulgurante ces dernières années. De ce fait, comme un remède miracle au chômage, ils sont nombreux à s’orienter dans la conduite de ces engins à deux roues. Seulement, avec la crise actuelle de carburant, bon nombre de ces conducteurs se font rares dans la circulation. Pire est le cas de ceux qui travaillent sous contrat au compte d’une tierce personne où les intéressés sont tenus de payer quotidiennement la recette. Au cours des échanges, les uns et les autres livrent leurs impressions.
« Disposer de ma moto-taxi fait mon bonheur aujourd’hui. Sinon à l’heure actuelle, il est difficile pour de nombreux conducteurs de s’acquitter de leur recette quotidienne. Cela, pour diverses raisons, dont la principale reste l’approvisionnement en carburant. Nous passons la nuit dans des rangs pour ne prendre que 5000 F, vu que c’est le prix plafond fixé, afin de permettre à chacun d’avoir un peu de carburant. Avec cette essence, nos courses sont limitées et aucun de nous ne peut plus se permettre de se balader à la recherche des clients sur les artères. Nous restons immobiles pour la plupart en attendant des appels ou à l’écoute des infos sur des stations en service », a expliqué un propriétaire de moto-taxi.
Pour Jean, le bout du tunnel semble lointain : « Cela fait plus d’une semaine que je peine à trouver ma recette journalière. Mon patron prend juste soin de tout noter en attendant. Ce que je trouve en ce moment, va directement dans les besoins de la famille et la recherche du carburant dans l’espoir de faire le plein, même si ce droit nous semble confisqué », a-t-il avoué. Et d’espérer sur l’abondance du carburant afin de pouvoir vaquer librement à ses courses comme avant.
Si tels sont entre autres les avis des conducteurs, il faut comprendre que cette situation de non-paiement des recettes est mal perçue par certains propriétaires de moto-taxi.
Des propriétaires tendres et moins tendre
Avec la situation actuelle de crise de carburant, ils sont très peu de conducteurs de moto-taxi à pouvoir s’acquitter de leur recette quotidienne au profit des propriétaires dont certains semblent comprendre et d’autres non.
Moussa, propriétaire d’une dizaine de motos-taxis est sûr de ne pas mettre la pression sur aucun de ses conducteurs. Pour lui, il faut faire le tour des stations d’essence et de la circulation routière pour comprendre le vécu actuel de ces hommes, également pères de familles. Ainsi, loin de baser les tarifs, notre interlocuteur est pour un assouplissement de la pression en attendant l’évolution de la situation.
Quant à cet autre propriétaire de moto-taxi, Souleymane estime : « En matière de conduite, si l’on tombe sur quelqu’un de réglo, on peut se permettre de réduire, voire de laisser le paiement de certains jours en attendant la conduite normale. Dans le cas contraire, il faut pousser certains à s’acquitter quoi qu’il advienne, car, c’est au milieu de ces gens-là que figurent ceux qui sont en train d’élever les frais de transport. Ainsi, de Niamana à Faladié, Tour de l’Afrique, il y en a qui peuvent proposer 4000 f. Certes, il y a pénurie, mais est-ce une manière de spolier la population ? », se demande-t-il.
Des conducteurs de moto-taxi peu catholiques !
Bien que la situation de carburant joue fortement sur le business de ces hommes qui passent actuellement la majeure partie de leur temps en quête d’essence, il faut comprendre que certains d’entre eux parviennent à se faire la poche. Cela, à travers l’augmentation des frais de transport qui font peur aux clients. A ceux-là, il a demandé de revoir le prix pour le bonheur de tous. Car, à force de hausser le prix, ils risqueront de passer à côté des usagers.
Alimatou Djénépo
