Au grand marché de Bamako, l’un des endroits phares de la capitale malienne, la situation devient de plus en plus préoccupante. Jadis symbole du dynamisme commercial et culturel de la ville, ce haut lieu d’échanges est aujourd’hui confronté à un sérieux problème d’insalubrité et d’encombrement.
L’axe routier reliant l’ancienne place des véhicules de transport en commun communément appelée ‘’Place Koro’’ à l’Artisanat tend à disparaître sous le poids des occupations anarchiques. Des ordures jonchent la chaussée dégageant des odeurs nauséabondes et offrant un spectacle peu reluisant aux commerçants, riverains et visiteurs. À cela s’ajoutent des tas de sable et de graviers déposés en plein milieu de la voie pour des travaux de construction inachevés ou mal encadrés.
Cette situation complique considérablement la circulation. Les motocyclistes, les pousse-pousse et même les piétons peinent à se frayer un passage. Aux heures de pointe, les embouteillages deviennent quasi permanents, augmentant les risques d’accidents et les altercations entre usagers. Les commerçants installés aux alentours se plaignent également de la baisse de fréquentation des clients, car certains préférant éviter la zone en raison de l’état dégradé de la route.
« Nous travaillons ici tous les jours, mais les conditions deviennent insupportables », confie un vendeur sous couvert d’anonymat. Et d’ajouter :« La poussière et les odeurs des ordures affectent nos marchandises et notre santé. »
Au-delà de la question de la circulation, c’est l’image même du grand marché qui est en jeu. Ce centre névralgique de l’économie locale attire quotidiennement des milliers de personnes issues de différents quartiers de Bamako et de l’intérieur du pays. Son état actuel contraste fortement avec son importance stratégique pour la capitale.
Face à cette dégradation, de nombreux usagers appellent à une intervention urgente des autorités municipales. Ils réclament l’évacuation des déchets, la régulation des dépôts de matériaux de construction et une meilleure organisation de l’espace public afin de rétablir la fluidité de la circulation.
Il devient impératif que des mesures concrètes soient envisagées pour redonner à cette artère vitale, son rôle premier qui est de faciliter les échanges et assurer un cadre de vie sain et sécurisé aux citoyens. Le grand marché de Bamako mérite mieux que l’abandon progressif de ses voies d’accès.
Aminata Sanogo
