A l’occasion de la Journée panafricaine des droits des femmes, la présidente du Réseau MUSONET-Mali, Doumbia Mama Koïté, a procédé à la remise d’actes de naissance aux d’enfants non déclarés à l’état civil, dans la région de Koulikoro.
La cérémonie s’est déroulée le jeudi 31 juillet dernier en présence du Gouverneur, des autorités administratives, locales, des parents des bénéficiaires, des associations féminines et des partenaires techniques.
Dans une atmosphère de solidarité et d’engagement pour la cause des enfants, Mama Koïté a rappelé la signification profonde de cette journée, qui célèbre la création de la première Organisation panafricaine des femmes (OPF) en 1962 à Dar es Salaam, en Tanzanie. Une organisation née de la volonté de femmes africaines, unies au-delà de leurs différences, pour œuvrer à l’émancipation et à l’amélioration des conditions de vie des femmes africaines.
S’inscrivant dans la thématique continentale de l’Union africaine pour 2025 « Justice pour les Africains et les personnes d’origine africaine à travers les réparations » et le thème national « Faire avancer la justice sociale et économique pour les femmes africaines à travers les réparations », MUSONET a voulu poser un acte concret en faveur des droits fondamentaux des enfants.
« Le premier droit d’un enfant, c’est son droit à une identité », a martelé Mama Koïté. Elle a souligné que, depuis 2015, grâce au soutien de KULU (Danemark), le projet « Droit et citoyenneté des femmes et de l’enfant au Mali » a permis la distribution de plus de 500 jugements supplétifs d’actes de naissance à Koulikoro, Koula et Bamamba, ainsi que des centaines de cartes d’identité aux femmes et jeunes filles.
En partenariat avec l’AROP, MUSONET a également offert des actes de naissance à 50 filles déplacées internes vivant à Koulikoro et dans les environs, facilitant ainsi leur accès à la scolarisation et à la citoyenneté.
La présidente de MUSONET a fait savoir que Koulikoro est au cœur de nombreuses initiatives de plaidoyer, de sensibilisation et de renforcement des capacités. L’objectif : faire de cette région un modèle en matière d’émancipation, d’égalité des chances et d’autonomisation économique des femmes.
Elle a lancé un appel fort à l’inclusion : « Les femmes et les filles ne doivent pas seulement être consultées mais entendues ; pas seulement invitées, mais pleinement intégrées. »
Dans son allocution, Mama Koïté a tenu à saluer l’engagement des Forces armées et de sécurité du Mali, rendant hommage à leur bravoure et au leadership du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et de son gouvernement dirigé par le Général Abdoulaye Maïga. Elle a insisté : « Le Mali a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour construire une nation de paix et de justice sociale. »
Un hommage appuyé a également été rendu à Mme Bouaré Bintou Founé Samaké et à toutes les femmes leaders du Mali, engagées pour les droits des femmes, le leadership féminin et la promotion des jeunes filles.
Dans une note personnelle pleine d’émotion, Mama Koïté a salué l’engagement de sa mentorée, Mme Aya Sidibé, membre du bureau exécutif de MUSONET. « Si je suis revenue plusieurs fois à Koulikoro, c’est aussi pour la soutenir. Aya est une jeune femme respectueuse, volontaire, courageuse et engagée. Elle mérite d’être encouragée », a-t-elle déclaré, avant d’évoquer leurs nombreux voyages ensemble, de Bamako à Nairobi, Kinshasa, Addis-Abeba, Dakar, Lomé, et jusqu’aux États-Unis.
Mama Koïté a clôturé son discours en adressant ses vifs remerciements aux acteurs locaux ayant facilité l’enregistrement des enfants.
Elle a salué, le tribunal de Koulikoro, pour la facilitation des jugements supplétifs, les mairies de Koulikoro, Méguétan et Tienfala, pour la transcription rapide des actes. Et tout particulièrement, elle a remercié le Gouverneur, le Colonel El Hadj Lamine Kapory Sanogo, pour son engagement constant en faveur des droits des femmes et des filles de la région.
Sous une salve d’applaudissements, elle a invité l’ensemble des participants à rester mobilisés : « L’heure est venue de faire avancer les droits des femmes et des filles. Donnons des droits aux enfants. Continuons à scolariser nos filles. L’avenir se construira avec elles. »
Adja
