Au Mali, les tontines sont de plusieurs natures : en espèces, habits, savons, pour ne citer que cela. Elles peuvent être entre les membres d’une même famille, entre amis, « grin », dans le quartier, au marché, services, entre autres. Elles font le bonheur des hommes et des femmes qui y participent tout en respectant les règles établies dont le respect est exigé par celle où celui appelé « Parba » ou chef (fe) de tontines. Un rôle non négligé qui ne peut être joué par n’importe qui. Mais alors, qu’est ce qui fait la qualité du » Pariba » pour le maintien des tontines ?
Et pourquoi ces cheffes de tontines ou trésoriers sont généralement des femmes ?
Des adeptes répondent
Mouroukérou Kissa, ménagère, la cinquantaine explique : « Être « Pariba », cheffe de tontine a tout son sens. Car, ce rôle est joué par celle qui a la confiance du groupe, du clan. De par ce titre, la personne désignée est tenue de rassembler, garder et repartir les sous, savons, habits, qui font l’objet de la tontine sans ébranler la confiance placée en elle. En récompense, des membres peuvent, de gré, lui céder une partie de leur dû ou pas », dit-elle. Et d’affirmer qu’il est rare de voir des hommes joué ce rôle bien que pouvant être des membres.
Fatoumata, cadre d’un service public ajoute : « Les tontines sont des systèmes d’entraide qui ont inspiré les mutuelles de soutien, les fonds de solidarité dans certains services ». Et de poursuivre : « Elles sont généralement tenues par des femmes. Mais, cela ne veut pas dire que ce rôle ne peut pas être joué par les hommes, vu que certains s’y prêtent. Le fait que les femmes soient plus nombreuses à jouer le rôle est dû au fait que cette place s’accompagne souvent des échanges de mots (reproches, rappel, voire de règlement de compte, entre autres). C’est voulant éviter cela que des hommes sont pour la plupart, de simples membres. Or, moi personnellement, j’aime les tontines tenues par des hommes ». Mieux, elle est certaine que les tontines surtout d’argent méritent d’être réglementées. Cela, vu qu’en cas de conflit pour les rares fois où certains » Pariba » faillent à leur devoir, la justice ne peut pas s’en mêler, faute de réglementation.
Bafili, cheffe de tontine dans un marché de la capitale conseille : « Il faut savoir jouer le rôle, sinon c’est une mission que les gens te demandent d’accomplir en toute sérénité. Ce qui fait que tu auras toujours la confiance et le respect que ce statut te confère ».
Alimatou Djénépo
