Au Mali, comme dans nombre de pays musulmans, l’approche du mois béni de ramadan est mise à profit par des généreux donateurs pour venir en appui à ceux qui sont dans le besoin. Une pratique hautement appréciée par la religion en question. Seulement, faut-il savoir quel est le vrai sens de l’acte, comment l’effectuer pour s’assurer des bénéfices auprès de Dieu. Afin d’être mieux éclairé, des échanges fructueux avec l’Imam adjoint de la grande mosquée de Torokorobougou, Hamidou Diallo, indiquent la meilleure manière, selon le Coran.
A Torokorobougou, la famille des Imams Diallo est accueillante et ouverte à toutes les questions relevant de la religion musulmane. En sa qualité d’Imam Adjoint de la grande mosquée du quartier, Hamidou Diallo se prête aux questions du jour portant sur la solidarité envers les nécessiteux, tout en expliquant la meilleure manière, selon le coran. D’entrée de jeu, il a fait des bénédictions pour le mois béni qui s’approche à pas géants. Effectivement, dit-il : « Les gens effectuent des actes de générosité à l’approche et pendant le mois de Ramadan, mais, d’abord, il faudra comprendre les bienfaits de ses actes considérés comme des sacrifices hautement appréciés par la religion musulmane. Car, une chose est de le faire, mais comprendre sa nécessité est tout aussi utile pour s’assurer des bénéfices auprès de Dieu. Faute de quoi, même en accomplissant le geste, on risque de perdre les mérites ». Et d’expliquer : « Le prophète Mohammed (paix et salut sur lui) évoque dans les Hadiths que plusieurs mérites des sacrifices tels que protéger l’être humain contre les effets néfastes de la vie (catastrophes…), voire contre les feux de l’enfer. En faisant un sacrifice si minimum que soit sur terre, tu trouveras dans l’au-delà, une tonne de montagnes de récompenses », dit-il. Toujours, d’après le prophète Mohammed (PSL), poursuit-il : « Toute personne qui se met au service des autres en leur appuyant, c’est Dieu lui-même à son tour qui lui viendra en aide. Autrement dit, le fait pour une personne en situation meilleure de voir son prochain en difficulté et lui apporter l’aide nécessaire. Par exemple, voici venu le mois de ramadan. J’ai 5 kilos de sucre, de l’huile, du riz, entre autres, et apporté à celui qui est dans le besoin, est un geste hautement apprécié et récompensé par Dieu. Car, certes, le mois béni est celui du recueillement, du rapprochement à Dieu, d’adoration de Dieu, mais, c’est aussi celui des dépenses. Et en faisant ce geste, c’est élever les nécessiteux qui peuvent avoir des préoccupations parfois les éloignant de Dieu ».
Outre le détail des bienfaits du sacrifice, comment l’effectuer, selon le Coran ?
Est-ce s’est recommandé de le faire publiquement ou en toute discrétion ?
Des enseignements utiles pour l’accompagnement de l’acte
A ces questions, l’imam Hamidou qui fait référence à la « sourate Bakara » verset 271 pour édifier. C’est ainsi qu’il cite : « Celui qui fait le sacrifice publiquement, ce n’est pas grave. Cela n’est pas exclu par Dieu. Seulement, il faut faire recours aux enseignements du prophète Mohammed (PSL) qui dit que tout acte posé par un être repose sur sa foi (son amour envers Dieu). Par exemple, si la personne qui veut donner du sucre à une autre publiquement, peut le faire. Mais pourquoi elle le fait ? C’est pour se faire voir, gagner du nom en faisant appel aux médias, entre autres. Et si tel est le cas, l’acte est frappé de nullité. La personne ne trouvera aucun bénéfice auprès de Dieu », a-t-il martelé. Et d’évoquer le contexte actuel où il arrive parfois que des ONG passent par des personnes pour effectuer des dons, des sacrifices qui pour besoin de transparence ou de confiance nécessitant souvent d’exposer en filmant la scène. Dans une telle situation si les personnes sollicitées sont de bonne foi, l’effectuent de façon désintéressée et au nom de Dieu. Là, il n’y a pas de problème, a-t-il indiqué. Seulement, les personnes dans le besoin ne désirant pas une telle procédure, sont priées de s’écarter, a-t-il conseillé.
Toutefois, il est à signaler que les recommandations sont claires en matière de dons, de sacrifices dans le coran, a-t-il laissé entendre. Pour lui, il s’agit de la discrétion qui est plus bénéfique que ceux effectués en public. Mais, cela ne veut pas dire que le public est exclu, a-t-il ajouté. En résumé, affirme-t-il, Dieu recommande la discrétion comme nous avons vu nos grands-parents le faire et que l’on continue de perpétuer. Et de rappeler aux uns et autres que la religion musulmane n’est pas contre la compétition en termes de générosité. Par exemple, telle personne a fait don de 100 tonnes de riz, moi, je peux faire plus, pourquoi pas, se demande-t-il, vu que Dieu connaît le fond (le degré de foi de tous). A ces explications édifiantes, Hamidou termine ses propos une fois de plus par des bénédictions en faveur du mois béni et pour l’apaisement du pays.
Alimatou Djénépo
