Au Mali, jadis, la solidarité en tout genre faisait le bonheur de la population, homme ou femme, tous avaient dans leur sang, cette valeur légendaire. Mais, de nos jours, loin de disparaitre totalement, la solidarité a tendance à s’effacer surtout s’agissant de l’entraide entre femmes. C’est du moins, ce qui ressort de l’avis des personnes interrogées. Mieux, elles évoquent les raisons de cet état de fait et proposent des solutions.
« De nos jours, il est difficile de parler de la solidarité entre femmes. Elles sont moins solidaires les unes envers les autres. Chacune ne vise que ses propres intérêts. Dès fois, on a l’impression de comprendre dans leurs attitudes de la compétition que de la complémentarité », a déclaré Mariam Keita, entrepreneur.
Quant à Oumou Sow, vendeuse, Elle dira : « Entre nous femmes, tout est compliqué souvent. On a beau essayer d’être solidaires, sociables ou sociales, il y a tout toujours des soucis qui naissent à la longue », se désole-t-elle.
Que doit-on comprendre par solidarité entre femmes ?
Mme Diakité zenebou Sangaré, présidente de l’union des femmes leaders pour le développement du cercle de Kati explique : « La solidarité, c’est quand les femmes s’entraident, se soutiennent moralement, financièrement ou professionnellement. C’est important surtout en temps de crise (conflits, pauvreté entre autres). Une femme qui aide une autre femme à se relever, à réussir, à se défendre, c’est ça la vraie solidarité. Mais, parfois, cette solidarité est absente ou faible, à cause des rivalités, du manque de confiance ou de divisions », a-t-elle laissé entendre. Une explication qui laisse voir tout le sens de la solidarité entre femmes tout en laissant voir la galère qui entoure la réalité.
La majorité des femmes ne sont pas solidaires
Khady Sanogo, journaliste Maliweb voit en la solidarité entre femmes, un mot générique, tout beau si jamais, c’était pratiqué. « Les femmes sont relativement nombreuses bien que les statistiques contestent de nos jours. Elles ont en commun des problèmes similaires, la précarité économique comparativement aux hommes qui semblent plus organisés, structurés lorsqu’il s’agit d’association ou de groupement. Mais, malheureusement, quelle que soit leur portion, elle devrait être plus solidaire. Car, on le dit, c’est l’union qui fait la force », dit-elle. Et d’expliquer cet état de fait par une question d’ordre sociétal, environnemental, voire éducationnel. Sinon, pour elle, les femmes doivent aller au-delà du superficiel, c’est à dire, lorsqu’une femme leader a du potentiel, au lieu de voir ça comme une valeur ajoutée, certaines ont tendance à tirer cette derrière vers le bas. Et de poursuivre sur les bienfaits qui pourront résulter de la solidarité réelle entre femmes.
Les bienfaits de la solidarité entre femme et les moyens d’y parvenir
« La solidarité entre femmes, c’est d’aller au-delà des discours. En ce sens si je vois mieux chez l’autre, ça ne veut pas dire que moi, j’ai quelque chose en moins. De cette façon, on pourra s’imposer », a poursuivi Kadhy Sanogo. Et de mettre l’accent sur la communication pour promouvoir la solidarité féminine. A ses dires : « A l’heure actuelle, déjà les femmes ont gagné la masculinité positive. Par masculinité positive, il s’agit de l’attitude des hommes qui sont là pour soutenir les femmes, qui les écoutent et les hissent vers le haut dans leurs projets ».
Pour sa part, Nimetigna SISSOKO, secrétaire général du Mouvement pour l’Emancipation des Jeunes (MEJ) ajoute : « La solidarité et l’entraide entre les femmes sont essentielles pour promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation. Cela renforce les voix des femmes, crée un réseau de soutien et favorise une plus grande inclusion sociale ». Il a rappelé quelques raisons pour lesquelles les femmes sont plus solidaires envers les hommes qu’entre elles-mêmes. Pour lui, par exemple, certaines normes sociales ou structures patriarcales peuvent encourager la compétition entre les femmes plutôt que la solidarité. La division créée par ces normes peut nuire à la solidarité féminine. A cet effet, il révèle des quelques solutions pour que les femmes soient plus solidaires entre elles. Il s’agit, entre autres, de promouvoir l’empathie, l’entraide et la communication entre elle, d’encourager un esprit de sororité et de soutien mutuel, d’organiser des événements ou des initiatives qui rassemblent les femmes pour échanger et partager leurs expériences; favoriser les collaborations et les réseaux entre femmes dans différents domaines professionnels ou communautaires; promouvoir l’éducation et la sensibilisation sur les enjeux spécifiques auxquels les femmes sont confrontées; créer des espaces sûrs et inclusifs où les femmes peuvent se soutenir et se valoriser mutuellement. En cultivant ces aspects, il s’est dit sûr que les femmes pourront renforcer leur solidarité et s’entraider pour faire face aux défis actuels.
A son tour, Mme Diakité zenebou Sangaré, présidente de l’union des femmes leaders pour le développement du cercle de Kati proposera également d’encourager l’écoute, le respect et la confiance entre femmes, d’organiser des rencontres, formations et activités collectives et enfin briser les tabous pour parler des vraies difficultés entre femmes.
A ces interventions, il est à souligner que les femmes doivent comprendre l’enjeu de la solidarité féminine afin de privilégier le transfert de compétences. Toute chose qui pourra permettre à plusieurs femmes d’être au devant de la scène.
Alimatou Djénépo
