Le commerce de sable a longtemps été un métier exercé par des dames pour la plupart en difficulté. Toutefois, afin de joindre les deux bouts, elles sont nombreuses à exercer ce métier qui, à la longue, devient de plus en plus rude, selon Minata Keita, vendeuse de sable depuis 38 environ. Dans un entretien, la bonne dame dévoile des années moelleuses de son parcours pour en venir aux calvaires de ce temps-ci, notamment la concurrence avec les hommes, la rareté du sésame et le manque de livraison dans les chantiers.
A Magnambougou près du cimetière, Minata Keita ‘’Hiya’’ pour les intimes, est une figure respectée en matière de vente de sable. Un métier dont elle connait bien les tenants et les aboutissants. Car, évoluant dans ce domaine depuis plus d’une trentaine d’années, elle est en mesure de relater les hauts et les bas de ce métier qui, jadis, faisait le bonheur des dames, confie-t-elle.
Des années de rentabilité
« Avant de devenir vendeuse de sable, je faisais du petit commerce sans lendemain. Autrement dit, sans rendement. C’est voyant les charges que je me suis lancée dans ce métier. Il a fait mon bonheur. J’ai pu construire, m’occuper de mes enfants depuis le décès de leur père, il y a 27 ans. Il faut comprendre que la plupart des femmes qui évoluent dans ce domaine sont celles qui sont dans des difficultés (veuves ou en situation de vulnérabilité). Elles s’adonnent dans l’idée de subvenir aux besoins de leurs familles et en principe, elles excellent. Ce qui m’amène à me souvenir de mes débuts où je gagnais plus. En ce moment, la benne 10 roues était céder entre 35 000 et 37 000 F CFA et celle de 7 roues à 12 000 FCFA. Là, on avait plus de revenus et de chantiers pour livrer. Aussi, les sites d’approvisionnement en sable étaient faciles d’accès et la concurrence avec les hommes n’étaient pas rude, vu que les femmes tenaient les rênes du métier », a-t-elle dévoilé. « Mais hélas ! », se désole-t-elle, du marché actuel de sable.
Un métier qui nourrit difficilement son homme
Le commerce de sable est devenu, de nos jours, peu rentable surtout pour ceux ou celles qui ne possèdent pas de gros moyens. Car, les chantiers se font rares. C’est plus en détail que la vente se focalise. Pire, les prix du sable ont grimpé eu égard aux difficultés d’acheminement. Ce n’est plus à l’époque où les camions rentraient dans le lit du fleuve pour être remplis. Dès fois, il faut acheter au bord du fleuve avec ceux qui partent chercher au loin. Ainsi, de 35 000 ou 37 000 FCFA, la benne de 10 roues de l’époque, on a est à 135 000, voire 140 000 FCFA. Et c’est loin des chantiers, c’est plutôt généralement la vente en sceaux, brouettes, tricycles, entre autres, que les femmes font. Ce qui n’est pas rentable. Le temps écoulé entre deux chargements dans ce contexte de vente et les charges actuelles, cela trouvera qu’on a les mains vides. A cela, il ne faut pas non plus oublier la concurrence avec les hommes qui sont plus actifs dans le commerce de sable que les femmes. Enfin, c’est dire tant de misère pour peu de rendement finalement ».
Mais, n’ayant pas d’autres alternatives bien que désirant rester au frais, vu son l’âge, notre interlocutrice ne compte pas s’arrêter là. Pour elle, les va-et-vient entre son domicile de Banankabougou et Magnambougou lui permettront toujours de vivre de la sueur de son front que de tendre toujours la main. D’où son appel pressant à l’endroit de toutes les femmes de se lancer dans des activités lucratives pour leur propre épanouissement.
Alimatou Djénépo
