Dans le contexte actuel de crises où les fausses informations et les discours haineux, amplifiés par les réseaux sociaux, intoxiquent le débat public et les conversations quotidiennes, des jeunes des Rotaract Clubs du district de Bamako se mobilisent pour participer à la lutte de ces fléaux sur les réseaux sociaux et au sein des communautés. Ces clubs, constitués de jeunes de 18 à 30 ans et affiliés au Rotary International, sont connus pour le soutien des communautés locales et au renforcement de leurs capacités à travers des actions de formation, de sensibilisation et d’engagement citoyen.
Le vendredi 24 Octobre à la Maison de la Presse du Mali, l’Association des Professionnelles de la Presse Ecrite (APPEM) en partenariat avec l’organisation canadienne Journalistes pour les Droits Humains (JDH), a organisé un Forum sur la Citoyenneté numérique et la lutte contre la désinformation et les discours de haine au Mali. L’objectif de cette activité est de renforcer les connaissances et capacités des jeunes des Clubs Rotaract, échanger, proposer des solutions à base communautaire et soutenir leur engagement dans la lutte contre les fausses informations et les discours haineux au Mali. « Notre club va organiser des sessions de formation en ligne et en présentiel sur des thèmes liés à la désinformation et aux discours de haine », explique Tièkoro Diarra, Président de la Commission Sport, Jeunesse et Logistique du Rotaract Club Bamako Avenir. Selon lui, l’ensemble des Clubs Rotaract du Mali ont décidé de s’impliquer dans la lutte contre ces phénomènes, « nous sensibiliserons les populations, orienterons les gens vers des sources fiables d’information et formerons nos membres à identifier et traiter les fausses informations sous toutes leurs formes », ajoute-t-il.
Diarra estime que ce Forum a renforcé ses compétences, « désormais, je suis capable de détecter les fausses informations et de former d’autres personnes à ne pas en propager », rassure-t-il.
Pour Keziah Possian, Responsable de la Commission Action du Rotaract Club Bamako Golf, la lutte contre la désinformation fait partie intégrante des valeurs rotariennes. « Au Rotaract, nous appliquons le critère des quatre questions : Est-ce vrai ? Est-ce juste ? Est-ce source de bonne volonté ? Est-ce équitable et bénéfique pour chacun ? Ces principes guident nos actions et nous poussent à toujours vérifier les informations avant de les partager », confie-t-elle.
Elle précise que les clubs veillent également à éviter les débats portant sur des sujets sensibles comme la religion, l’ethnicité ou le genre, afin de préserver un climat d’inclusion et de respect mutuel.
La lutte contre la désinformation dépasse les frontières maliennes
Rogempabeem Fredyve Henk Zongo, Président élu du Rotaract Club Millenium de Ouagadougou (Burkina Faso) qui participait à ce Forum, souligne que son club partage la même vision. « Nous faisons la promotion de l’inclusion sociale et disposons d’une structure interne qui filtre les informations. Aucune publication étrangère à la vie du club n’est diffusée », a-t-il expliqué.
Le club organise également des séminaires de sensibilisation pour que chaque membre soit capable de détecter et dénoncer les discours haineux. « Pour être membre du Rotaract, il faut incarner les quatre questions. C’est notre boussole éthique », insiste-t-il.
Malgré les défis, les jeunes des Clubs Rotaract à ce forum communautaire sur la citoyenneté numérique ont affirmé leur détermination à initier et exécuter des actions de sensibilisation et d’éducation aux médias. « Même si la tâche est immense, nous sommes résolus à poursuivre nos efforts et à amplifier nos actions », affirment-ils, pour contribuer à renforcer la cohésion sociale, les droits humains et la bonne gouvernance au Mali.
Aminata Sanogo
